Preklad (FR)
Roger Garoudi, philosophe et penseur français né le 17 juillet 1913 à Marseille, en France, a fréquenté les écoles de Marseille et, grâce à son excellence scolaire, a obtenu des bourses d'État tout au long de son parcours scolaire. Il s'est converti au protestantisme à l'âge de quatorze ans et a étudié à l'université de Marseille ainsi qu'à l'université d'Aix-en-Provence. Il a rejoint les rangs du Parti communiste français en 1933 et a été nommé professeur de philosophie au lycée d’Albi en 1937. Il a participé à la Seconde Guerre mondiale et a été fait prisonnier en Algérie en 1940. C’est lors de sa captivité qu’il a entendu pour la première fois parler de l’islam, alors qu’il était envoyé dans un camp situé au sud de l’Algérie, qui relevait alors de l’autorité française, Avec ses camarades détenus français, il a organisé un mouvement de protestation au sein du camp, qui était gardé par des soldats algériens musulmans. Ceux-ci ont refusé de tirer sur les manifestants lorsque l’ordre leur en a été donné, sauvant ainsi la vie des détenus, parmi lesquels se trouvait Jaroudi ; cet événement marqua le début de son admiration pour l’islam.
À son retour de la guerre, « Jaroudi » fut élu député à l’Assemblée nationale en 1945 ; il obtint un doctorat en philosophie à l’université de la Sorbonne sur la théorie matérialiste de la connaissance en 1953, puis obtint un deuxième doctorat en sciences à l’université de Moscou en 1954. Il fonda et présida l’Institut international pour le dialogue entre les civilisations à Paris, ainsi que le Centre culturel de Cordoue ; il est membre de l’Académie du Royaume du Maroc, ainsi qu’au sein de l’Académie royale de recherche sur la civilisation islamique en Jordanie. Sa carrière a été marquée par des conflits ; il a été exclu du Parti communiste français en 1970 après avoir critiqué l’invasion de la Tchécoslovaquie par l’Union soviétique en 1968, La même année, il a fondé le Centre d’études et de recherches marxistes, dont il est resté directeur pendant dix ans, bien qu’il eût soutenu l’intervention soviétique en Hongrie douze ans auparavant ; il était connu pour sa farouche hostilité envers l’impérialisme et le sionisme.
Après les massacres de Sabra et Chatila au Liban en 1982, il publia une déclaration signée conjointement avec deux ecclésiastiques chrétiens, qui occupa une page entière du journal français « Le Monde » sous le titre « La signification de l’agression israélienne après les massacres du Liban ». Ce communiqué marqua le début d’un conflit entre lui et les organisations sionistes, qui lancèrent contre lui une campagne acharnée en France et dans le monde entier, l’accusant de racisme et d’antisémitisme, en particulier après la publication de son ouvrage *Le dossier Israël*, dans lequel il était jugé pour avoir remis en cause l’Holocauste dans son livre *Les mythes fondateurs de la politique israélienne*. Il fut condamné à une lourde amende, mais ne revint pas sur sa position, bien qu’il eût déjà dépassé les 90 ans.
Le 2 juillet 1982, il a annoncé sa conversion à l’islam au Centre islamique de Genève et s’est marié avec « Salma Al-Farouki », d’origine palestinienne, en présence du célèbre imam algérien « Mahmoud Bouzouzo », qui est devenu l’un de ses amis proches. Après sa conversion à l’islam, il a écrit plusieurs ouvrages, mais les milieux islamiques se sont éloignés de lui, notamment lorsqu’il a critiqué les courants de pensée islamiques contemporains et déclaré qu’en embrassant l’islam, il n’avait pas renoncé à l’essence du christianisme ni à son marxisme. Garoudi « L’islam est la religion de sa vie, après des recherches, des études, une réflexion, une méditation et une conviction. Il a déclaré que c’était la seule religion sur laquelle repose une civilisation qui a éclairé l’Europe au Moyen Âge. Jaroudi dit à propos de l’islam : « Mon adhésion à l’islam n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat d’un long parcours semé d’embûches et de recherches, ponctué de nombreux revirements, jusqu’à ce que j’atteigne le stade de la certitude absolue. Car l’islam, à mes yeux, est synonyme de stabilité. »
Son premier ouvrage a été publié en 1946, et il a publié plus de 50 livres, parmi lesquels *Dialogue entre les civilisations*, *L’islam habite notre avenir*, *Avertissement aux vivants*, *Mahomet, l’islam*, *Comment l’homme est-il devenu homme ?*,« La mosquée, miroir de l’islam », « Les promesses de l’islam », « Le procès du sionisme israélien », « La Palestine, terre des messages divins » et « La question israélienne – Révélation de la politique sioniste »,Dans ces ouvrages, il a mis en lumière la place de l’islam, ses principes, la validité de ses fondements et sa capacité à garantir la dignité de l’homme à travers les âges. Il a également défendu la Palestine et son peuple à travers ses prises de position, ses discours et ses écrits. Ses œuvres ont été traduites dans plus de dix langues.Il a reçu de nombreuses distinctions, dont la médaille d’honneur pour sa résistance au fascisme hitlérien entre 1941 et 1944, ainsi que le Prix international du roi Faisal pour les services rendus à l’islam en 198. Il est décédé « ce jour-là », le 13 juin 2012, à l’âge de 98 ans, dans la commune de Chennevières, dans le département de la Marne, au sud-est de Paris.